Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Samedi 2 mai 2009
Ami lecteur,

Tu auras remarqué que les interventions de Nicolas Sarkozy à propos de la culture ne sont pas très nombreuses.
Avouons-le, elles sont souvent maladroites (un comble !) et la rancoeur de notre Président vis à vis de la Princesse de clèves nous fera, dans le meilleur des cas, sourire...

Mais rassure-toi, ami lecteur, et ne te laisse pas influencer par les médias tous plus ou moins bolchéviques, Nicolas Sarkozy aime les grandes oeuvres de l'esprit et veut les diffuser.
C'est ce qu'il a expliqué à des lycéens :




Ah... Les grandes expositions, les concerts de l'opéra, les créations de la Comédie Française... tout ça enregistré et à la dispostion des lycéens dans de belles salles adéquates.

Ami lecteur, j'entends déjà vos réflexions dubitatives...
Mais quand les lycéens iront-ils  découvrir ces inoubliables chefs d'oeuvres ? Y aura-t-il une médiation culturelle, des enseignants qui auront le temps de préparer et d'exploiter ces découvertes ?
Mais l'essentiel ne me semble pas là...
La rencontre avec une oeuvre d'art est un instant particulier et unique : un choc face à un tableau, une émotion lors d'un concert... Oui, il y a un rapport individuel avec l'art et ce lien demande des circonstances elles aussi particulières et uniques.
Nicolas  Sarkozy ne nous parle jamais des oeuvres d'art mais de leurs reproductions. Il ne parle pas de culture mais de "produits culturels".
Cette vision de la culture en boîte, directement consommable, sans artiste, a quelque chose qui fait froid dans le dos...

Que cela ne t'empêche pas de vivre heureux, ami lecteur.
Par Alain Bonte - Publié dans : Humeurs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 25 avril 2009
Ami lecteur,

J'éprouve le besoin de reparler des sarabandes de Bach.
Vous vous rappelez, ces danses à 3 temps avec appui sur le 2ème...
Celle de la 5ème suite pour violoncelle a toujours été un mystère pour moi. Comment faire de la musique avec si peu ?
Cette pièce est d'une insondable profondeur mais que me dit Bach là dedans ?
Jamais je n'ai réussi à l'exprimer... les mots ne me viennent pas.

Le film de Bergmann, Cris et Chuchotements, peut m'aider.

Deux soeurs, Karin et Maria viennent assister leur mère dans ses derniers instants.
Elles essaient de se parler mais n'y parviennent pas (qui n'a pas souri à la description de cette scène si belle où "l'une ne dit rien et que l'autre ne répond pas").
Pourtant,  à un moment, les choses semblent se débloquer, les deux soeurs, enfin échangent :



Bergman remplace leur dialogue par cette sarabande de la 5ème suite (ici dans l'interprétation de Pierre Fournier).
A la trivialité des mots, le cinéaste  préfère  la profondeur des sons.

L'indicible peut être dit.

Ami lecteur, vis heureux !
Par Alain Bonte - Publié dans : Petits bonheurs vidéo - Communauté : Musique Classique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 25 avril 2009
Ami lecteur, il faut s'y faire : on ne gagne pas à tous les coups.
Certaines vidéos sont décevantes.
Prenons par exemple le magnifique violoncelliste Mischa Maïsky. Profondément touchant dans le répértoire du XIXème, très virtuose dans les pièces "de salon", il s'attaque ici à la bible des violoncellistes : Bach, plus précisément à la sarabande de la deuxième suite.




Vous allez me trouver difficile, peut-être... toujours est-il que ce type d'interprétation m'agace.
Bien sûr, le son est superbe, l'intonation impécable...
Alors qu'est-ce qui cloche ?
le tempo d'abord. Une sarabande est une danse. Elle est à trois temps avec un appui sur le deuxième.
Vous avez tous en tête la sarabande de Haendel que Kubrick a utilisée pour Barry  Lyndon :



Certes, là non plus vous n'avez pas une grande rigueur musicologique. Haendel a écrit une pièce pour clavecin, il ne l'a jamais orchestrée et s'il l'avait fait, il ne l'aurait pas fait comme cela. L'idée de sarabande est toutefois parfaitement présente.

la façon dont Mischa Maïsky joue cette pièce est héritière d'une tradition.
Une vision romantique de Bach qu'avait aussi son professeur : Rostropovitch.



Pour ceux qui aiment ce type de versions, vous trouverez sur Youtube des enregistrements de Daniil Shafran qui ne les décevront pas.
Ces musiciens justifient leur choix en disant que Bach était un romantique et que la preuve en est qu'il a eu vingt enfants !
Il y a d'évidence aussi du mysticisme dans ces versions tendues jusqu'à l'extrême, dans ces temps qui s'étalent, dans ce vibrato intense et constant. Le choix de la cathédrale de Vezelay de la part de Rostropovitch est tout à fait révélateur.

Il ne me semble pas que ces visions du romantisme (dans leur version priapique ou mystique) collent le moins du monde à Bach.
Cette recherche constante du "beau son" finit par transformer le texte musical en prétexte. Voilà des interprètes qui se servent de la musique plus qu'ils ne la servent.
S'il est un homme de rhétorique (baroque oblige), il n'est pas un homme d'emphase. Dieu est présent dans sa musique parce qu'il est présent partout, nul besoin de le convoquer à chaque note. La danse est présente aussi puisque nous sommes dans le cadre d'une suite. Personne ne la dansera bien sûr mais elle servira de cadre de référence.

Vous allez me dire : "On t'a reconnu vieux baroqueux, dans quelques minutes tu vas inviter Harnoncourt et Bylsma à ta démonstration..."
Pourquoi pas ?
Les baroqueux n'ont pas été inutiles pour dépoussiérer tout cela mais il tout à fait possible aujourd'hui d'utiliser un violoncelle avec une pique et de jouer Bach en respectant le texte et, je crois, son esprit.

Je vous en propose deux exemples :  Peter Wiespelwey



et Ophélie Gaillard.



Ami lecteur, vis heureux.

Par Alain Bonte - Publié dans : Petits bonheurs vidéo - Communauté : Musique Classique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 23 avril 2009
Allez, ami lecteur,

Pour un retour en douceur sur mon blog, je vous propose un peu de bonne humeur...



Ca fait du bien non ?

Amis lecteurs, vivez heureux.
Par Alain Bonte - Publié dans : Petits bonheurs vidéo - Communauté : Musique Classique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 22 septembre 2008
Je viens de lire avec un certain plaisir, voire une jubilation certaine le petit ouvrage d'Alain Badiou, "De quoi Sarkozy est-il le nom ?" (nouvelles éditions lignes).

Ami  lecteur, n'attends  pas de moi un  résumé  de l'ouvrage ou une prise de position sur les nauséabondes polémiques qu'il a suscitées (supposé antisémitisme de Badiou...).
Je voudrais simplement revenir sur point du bouquin.  Badiou propose quelques pistes bien au delà des combats électoraux auxquels il ne croit pas beaucoup pour sortir de cette société "dont Sarkozy serait le nom".
La deuxième piste m'a interpellé. Je cite Badiou intégralement :

"Point 2 : L'art comme création, quelles que soient son époque et sa nationalité, est supérieur à la culture comme consommation, si contemporaine soit elle.

"On a quantité de lieux pour affirmer de ce point la validité et la pertinence. Les médias et les écoles notamment. En particulier quand il s'agit de soutenir, par exemple, que Le dit du Genji, pubié au XIème siècle au Japon par Dame Murasaki Shikibu est incommensurablement supérieur à tous les prix Goncourt des trente dernières années. Ou qu'il n'y aucune raison de préférer expliquer aux élèves, fussent-ils en sixième, La Gloire de mon père de Pagnol plutôt que La Princesse de Clèves. Mais aussi quand il s'agit de soutenir qu'il est ridicule de mettre sur le même plan, au nom de l'uniformité de ce que l'on nomme "les musiques", la chanson de variété, la comédie musicale, le folklore des îles lointaines, les danses paysannes, les tambours africains, Boulez, Messiaen et Ferneyhough ; qu'on doit évaluer les musiques de divertissement à partir des musiques véritables, et non  l'inverse ;  et, en fin de compte les musiques du passé à l'aune des inventions contemporaines, en sorte que rien n'atteste davatange le désir réactionnaire contemporain que de s'extasier, comme le font les "baroqueux" fanatiques, sur les oeuvres d'un cuistre du XVIIème siècle, retrouvées sous une bienheureuse poussière dans la bibliothèque de Montpellier et interprétées à grands renforts d'aigres "instruments d'origine", alors qu'on méprise et qu'on s'abstient de faire entendre les grands chefs-d'oeuvre du XXème siècle."

Avoue, ami lecteur, que si je n'avais pas cité l'auteur tu m'aurais aussitôt rétorqué "mais qu'est-ce que cette diatribe réactionnaire ?" "N'est-ce pas extrait d'une tribune de Finkelkraut dans le Figaro -Magasine ?"
Et bien non, ces propos viennent de la gauche de la gauche (non, il n'y a pas de faute de frappe ou de copier-coller intempestif).

Les plaisirs sont toujours troubles et, si je suis assez d'accord avec ce texte, j'en éprouve un certain malaise.

Dans ma propre pratique musicale tout d'abord. Je te l'avoue, ami lecteur, le rouge au front, j'écoute plus souvent Barbara que Ferneyhough. Certes, je me situe clairement dans ce cas dans le registre de la consommation culturelle. Cela ne m'empêche pas d'essayer d'avoir une réflexion sur l'art et dans ce cas, je ne pense plus à Barbara (cf mon dernier papier Je paie mes dettes).

Le malaise est plus grand encore dans ma pratique professionnelle. Je dirige un Conservatoire qui fait une place importante à une grande diversité de musiques. En cela, je les mets aux yeux de nos publics sur le même plan.
Serais-je un suppôt des forces réactionnaires ?
Serais-je vendu aux pratiques consuméristes ?
Oublierais-je l'Art ? la Création ?
Ami lecteur, le doute m'habite, mais que cela ne t'empêche pas de vivre heureux !
Par Alain Bonte - Publié dans : Pédagogue toi-même ! - Communauté : Musique Classique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
 
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus