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Vendredi 4 janvier 2008
Je suis encore à l'âge où l'on se souvient de ses années lycée.
Je me souviens que j'y avais plus de copains qu'au conservatoire et qu'eux, ils écoutaient du rock.
Alors moi aussi.
Je pense que j'aimais ça mais nen suis plus très sûr...
Je me souviens que je lisais "Rock and Folk" et je sais que j'aimais ça mais je ne sais plus très bien si c'était pour les photos de Blondie (que je trouvais plus attrayantes que celles de Martha Argerich dans le Monde de la Musique) ou pour les articles de Philippe Garnier sur Hollywood ...

Je me souviens qu'après le lycée, je n'ai plus beaucoup écouté de rock...
Pourtant, quand j'en entends, je trouve toujours que celui que j'écoutais moi était mieux...

A quoi ça tient les jugements esthétiques...

Alors, ami lecteur, si tu es de ma génération tu n'auras que du bonheur avec cette playlist.

http://www.deezer.com/embedded/widget.swf?path=3715804〈=en&autoplay=true&id=1200142">free music
Par Alain Bonte - Publié dans : J'me laisse aller
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Vendredi 4 janvier 2008
Comme toutes les écoles de musique (pardon, les conservatoires mais j'ai encore du mal à m'y faire), nous avons chaque année des projets  forts.
Cette année, pour nous, le premier de ces  projets est de monter la Messa di Gloria de Puccini.
L'oeuvre est  un peu étrange ; caractéristique des oeuvres de jeunesse,  on y retrouve de tout :
    - ce qui influence Puccini, à commencer par Verdi dans certains passages de choeurs,
    - la référence au "style d'église" et au contrepoint,
    - un goût pour la ligne vocale qui chante, chante, n'arrête pas de chanter,
    - un certain partage des rôles dans la conduite mélodique entre voix et orchestre.
On y retrouve aussi des maladresses : le traitement du texte est parfois étrange. Je ne pense pas qu'il faille voir là le peu d'intérêt de Puccini pour les questions spirituelles. Plus simplement, le texte de la messe est supposé tellement connu de l'auditeur qu'en respecter son phrasé, son articulation n'est pas une nécessité impérieuse pour le compositeur.
Cela dit, globalement l'oeuvre est plus qu'agréable.

A partir de là, l'aventure  commence...
Le projet réunit deux choeurs : si l'un est landais, basé sur Mont-de-Marsan, l'autre vient du bassin d'Arcachon.
Les réunir demande donc de gros efforts à tous.
Dans un premier temps, et pour le moment nous en sommes encore là, nous ne travaillons qu'avec piano.
Cela dit, ça peut déjà être très joli comme ça...

http://www.youtube.com/v/NWIRZJc1HCc&rel=1">


L'orchestre est composé à la fois de professionnels (toujours rassurant) mais aussi d'élèves de l'école et de musiciens amateurs.
Faire répéter les seconds revenant moins cher que  de faire travailler les premiers, dans un premier temps, je ne fais donc travailler  qu'une partie de l'orchestre.
Ainsi donc, si j'ai une idée globale du résultat, je suis bien le seul...

Il faut aussi des solistes.
L'affaire n'est pas plus simple  et se joue globalement par relations.  Cela n'empêche pas les  frayeurs de dernière minute avec par exemple une basse qui se décommande à quinze jours du concert...
Bien sûr la solution a été trouvée.
Et le concert sera bien.

http://www.youtube.com/v/c_A6kA2Di_Y&rel=1">





Au fait, je vous ai pas dit : c'est le 12 janvier à Mont-de-Marsan et le 13 à Soustons.
Avec ça, ami lecteur, on passe un week end heureux.
Par Alain Bonte - Communauté : Musique Classique
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Lundi 31 décembre 2007
Brahms a vingt ans. Il commence à se faire connaître grâce à des tournées avec le violoniste pseudo tsigane Remenyi. Ces tournées passent par Weimar, temple de Liszt. Autour de ce dernier se pressent admirateurs, disciples, élégantes... beaucoup d'élégantes malgré la vigilance de la terrible comtesse Sayn-Wittgenstein.
Bien sûr Brahms et Remenyi sont invités au sein du saint cénacle listien.

Liszt, avec la générosité réelle qui est la sienne propose à Brahms de jouer quelque chose. Brahms se récuse. Liszt prend les partitions qui sont dans les affaires de Brahms et déchiffre les manuscrits : premières sonates et scherzo op.4. En jouant, il commente et loue le travail du jeune compositeur ; il rejoue même le scherzo une deuxième fois !
Ensuite, Liszt qui ne s'oublie jamais tout à fait, soumet à ses invités une de ses productions récentes : rien moins que sa sonate en si mineur. En jouant, il jette un coup d'oeil à Brahms... qui s'est assoupi durant l'exécution de la pièce.
Après la dernière note, Liszt quitte la salle.
Brahms ne s'attardera pas longtemps à Weimar.

On a beaucoup commenté cette histoire : début de l'opposition entre le conservatisme classique de Brahms et le progressisme romantique de Liszt... Cette opposition me semble bien caricaturale (surtout pour Brahms).

J'y vois plus une opposition entre deux univers. Face au paradis d'artifice de Liszt où les élégantes rivalisent de séduction, où les disciples rivalisent d'allégeance, Brahms se réfugie dans l'univers du rêve...
vous aviez dit classique et romantique ?

En souvenir de Remenyi (avec qui finalement Brahms se fachera très vite), une petite gâterie par Heifetz :

http://www.youtube.com/v/AfDXZ4RCm6U&rel=1">

Amis lecteurs vivez heureux.
Par Alain Bonte - Publié dans : Analyse musicale pour tous - Communauté : Musique Classique
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Jeudi 27 décembre 2007

Le Père Noël est passé et, bien sûr, mes enfants ont été gâtés.
Dans la hotte se trouvait un petit jeu très rigolo : Pat'touche. Ne faites pas semblant de ne pas connaître, vous aussi avez vu la pub. Grosso modo, il s'agit d'un chat qui est couché sur un clavier. Ce clavier fait progressivement une "mélodie" : un son (avec le touche correspondante qui s'allume), puis deux, puis trois... Le but de jeu est bien sûr de reproduire à chaque fois la mélodie qui s'esquisse ; si on fait une erreur le chat bondit en rugissant.
Je me disais qu'avec un jeu comme celui-là, j'apparaîtrais aux yeux de mes enfants sous mon meilleur jour...
Je suis quand même un professionnel...
Les choses se passent à peu près bien tant que j'en reste à ce premier jeu mais Pat'touche ne se limite pas à cela : on peut faire la même chose mais en reproduisant la mélodie à l'envers, de la dernière à la première note. Oui, les analystes auront repéré le rétrograde de la série !
Nous avons offert à nos gosses (pardon Père Noël, mais tu m'énerves à t'attribuer le travail des autres) le premier jeu schoenbergien...

Maintenant je leur passe en boucle les variations opus 31...

http://www.youtube.com/v/u5dOI2MtvbA&rel=1">



Ami lecteur, vis heureux.

 

Par Alain Bonte - Publié dans : Pédagogue toi-même ! - Communauté : Musique Classique
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Mercredi 26 décembre 2007

Les agapes festives de fin d'années sont souvent propices aux souvenirs de régiments...
Les miens sont courts et je parle là d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Figurez-vous, belle jeunesse, qu'il fut un temps où, si l'armée voulait de vous, elle vous invitait à partager une année complète avec elle.
Tout commençait par ce qu'on appelait "les trois jours", qui duraient une journée.
Le premier choc, et c'est de lui dont je voudrais parler, était de se retrouver dans un univers exclusiment masculin.
Certains de mes corolégionnaires avaient sans doute déjà vécu cela dans leur club de foot ; pour moi c'était neuf ou presque puisque cette situation me ramenait à l'école primaire. 

Les conversations de mecs ne m'intéressaient pas, ne m'intéressent pas et ne m'intéresseront jamais.

Pour être juste, il est probable que j'éprouve le même malaise dans une assemblée exclusivement féminine sauf que cette situation est tout à fait impossible car ma seule présence ferait que cette dernière ne serait plus exclusivement féminine !

Le pire du pire est ce climat de camaraderie qui s'installe très vite. La camaraderie est sans doute le sentiment qui a permis les pires horreurs. La camaraderie rassurait les Waffen SS et les gardes rouges. La camaraderie favorise l'oubli de soi au bénéfice d'un groupe. La camaraderie est le visage souriant de tous les totalitarismes.

Rendez-nous les joies de la séduction. Non, je ne suis pas un Don Juan impénitent mais il me semble être plus enclin a donner le meilleur de moi-même au contact des femmes et j'irai assez vite dans la généralisation : je crois que nous sommes tou(te)s pareil(le)s.
Je crois définitivement aux vertus du doute, de l'échange, de l'ambiguité, de la complicité, du trouble parfois, du partage, ... de l'amour.

Lors des agapes festives, quand viennent les souvenirs de régiments, je suis souvent dans la cuisine.

Que cela ne t'empêche pas, amis lecteur, de vivre heureux.

Par Alain Bonte - Publié dans : Humeurs
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