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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /Sep /2008 21:27
Je viens de lire avec un certain plaisir, voire une jubilation certaine le petit ouvrage d'Alain Badiou, "De quoi Sarkozy est-il le nom ?" (nouvelles éditions lignes).

Ami  lecteur, n'attends  pas de moi un  résumé  de l'ouvrage ou une prise de position sur les nauséabondes polémiques qu'il a suscitées (supposé antisémitisme de Badiou...).
Je voudrais simplement revenir sur point du bouquin.  Badiou propose quelques pistes bien au delà des combats électoraux auxquels il ne croit pas beaucoup pour sortir de cette société "dont Sarkozy serait le nom".
La deuxième piste m'a interpellé. Je cite Badiou intégralement :

"Point 2 : L'art comme création, quelles que soient son époque et sa nationalité, est supérieur à la culture comme consommation, si contemporaine soit elle.

"On a quantité de lieux pour affirmer de ce point la validité et la pertinence. Les médias et les écoles notamment. En particulier quand il s'agit de soutenir, par exemple, que Le dit du Genji, pubié au XIème siècle au Japon par Dame Murasaki Shikibu est incommensurablement supérieur à tous les prix Goncourt des trente dernières années. Ou qu'il n'y aucune raison de préférer expliquer aux élèves, fussent-ils en sixième, La Gloire de mon père de Pagnol plutôt que La Princesse de Clèves. Mais aussi quand il s'agit de soutenir qu'il est ridicule de mettre sur le même plan, au nom de l'uniformité de ce que l'on nomme "les musiques", la chanson de variété, la comédie musicale, le folklore des îles lointaines, les danses paysannes, les tambours africains, Boulez, Messiaen et Ferneyhough ; qu'on doit évaluer les musiques de divertissement à partir des musiques véritables, et non  l'inverse ;  et, en fin de compte les musiques du passé à l'aune des inventions contemporaines, en sorte que rien n'atteste davatange le désir réactionnaire contemporain que de s'extasier, comme le font les "baroqueux" fanatiques, sur les oeuvres d'un cuistre du XVIIème siècle, retrouvées sous une bienheureuse poussière dans la bibliothèque de Montpellier et interprétées à grands renforts d'aigres "instruments d'origine", alors qu'on méprise et qu'on s'abstient de faire entendre les grands chefs-d'oeuvre du XXème siècle."

Avoue, ami lecteur, que si je n'avais pas cité l'auteur tu m'aurais aussitôt rétorqué "mais qu'est-ce que cette diatribe réactionnaire ?" "N'est-ce pas extrait d'une tribune de Finkelkraut dans le Figaro -Magasine ?"
Et bien non, ces propos viennent de la gauche de la gauche (non, il n'y a pas de faute de frappe ou de copier-coller intempestif).

Les plaisirs sont toujours troubles et, si je suis assez d'accord avec ce texte, j'en éprouve un certain malaise.

Dans ma propre pratique musicale tout d'abord. Je te l'avoue, ami lecteur, le rouge au front, j'écoute plus souvent Barbara que Ferneyhough. Certes, je me situe clairement dans ce cas dans le registre de la consommation culturelle. Cela ne m'empêche pas d'essayer d'avoir une réflexion sur l'art et dans ce cas, je ne pense plus à Barbara (cf mon dernier papier Je paie mes dettes).

Le malaise est plus grand encore dans ma pratique professionnelle. Je dirige un Conservatoire qui fait une place importante à une grande diversité de musiques. En cela, je les mets aux yeux de nos publics sur le même plan.
Serais-je un suppôt des forces réactionnaires ?
Serais-je vendu aux pratiques consuméristes ?
Oublierais-je l'Art ? la Création ?
Ami lecteur, le doute m'habite, mais que cela ne t'empêche pas de vivre heureux !
Par Alain Bonte - Publié dans : Pédagogue toi-même ! - Communauté : Musique Classique
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 21:47
Dans un article célèbre, Arnold Schönberg dit tout ce qu'il a appris de ses prédécesseurs et se situe ainsi dans la grande tradition  de la musique germanique.
Bien plus modestement, pas en tant que compositeur (hélas ?...) mais en tant qu'homme qui fait ce qu'il peut, je voudrais dire ce que je leur dois.

Mozart : un début de compréhension de la différence entre le bonheur (inaccessible ? ) et la joie (irremplaçable).
Beethoven : le triomphe de la volonté de l'esprit.
Bach : la perfection de la complexité du monde.
Brahms : le temps qui passe.
Wagner : la possibilité de ne pas s'appartenir.
Haydn : la jubilation de l'intelligence.
Scarlatti (Domenico) : l'attrait du fugitif.
Strauss (Richard) : le confort de l'opulence.
Debussy : le trouble de l'instant.
Schubert : l'ambiguité de l'expression.
Schumann : la liberté et la maîtrise, le rêve et la rigueur.

Tout cela mériterait d'être développé (peut-être un jour...). Il y en aurait bien d'autres : Puccini, Fauré...
D'autres, que j'écoute pourtant avec plaisir et dont je sais qu'ils sont de très grands ne m'apportent pas de choses aussi vitales : Chopin, Ravel...

Finalement, ami lecteur, comment font-ils tous pour me parler de moi ?

Par Alain Bonte - Publié dans : Analyse musicale pour tous - Communauté : Musique Classique
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 14:17
A la fin de son roman, "Etre sans destin", Imre Kertész parle de son retour de camps de concentration. Un journaliste lui demande de décrire "cet enfer" et l'auteur répond : "C'est un lieu où l'on ne peut s'ennuyer". Il nuancera ensuite sa réponse en disant que, finalement si, l'ennui était possible même là.
Cette définition de l'enfer comme lieu où l'ennui est impossible est très séduisante. Il est plutôt rassurant de considérer l'ennui comme positif.
Alors que j'en voulais terriblement aux profs durant les cours des quels je m'étais ennuyé... Finalement, je vous dois un grand merci (excusez-moi, la liste est trop longue pour vous citer tous).

Si Dieu ne s'était pas ennuyé au bout de six jours de travail, aurait-il inventé le repos hebdomadaire ?
Si Adam et Eve ne s'étaient pas ennuyé, auraient-ils tâté de l'arbre de connaissance ?

Si le chasseur de Lascaux ne s'était pas ennuyé un jourde pluie, aurait-il inauguré l'histoire de l'art sur les parois de sa grotte ?
Si Archimède ne s'ennuyait pas dans son bain, aurait-il poussé son Eureka ?
Si Mozart ne s'ennuyait pas en jouant aux quilles, aurait-il composé son trio en même temps ?
Si Newton ne s'ennuyait pas en siestant sous un pommier, aurait-il théorisé la gravitation ?
Si le boudha ne s'était pas ennuyé, aurait-il atteint l'éveil ?
Si Schoenberg ne s'était pas ennuyé, aurait-il inventé le dodécaphonisme ?
Si Mitterrand ne s'était pas ennuyé, aurait-il mis sur écoute Carole Bouquet ?
Ami lecteur, si tu ne t'étais pas ennuyé, aurais-tu lu ce blog ?


Il m'arrive de m'ennuyer en écoutant de la musique, cet ennui là non plus n'est pas désagréable mais je vous en parlerai une prochaine fois...

D'ici, là, ami lecteur, ennuie-toi ... et vis heureux.
Par Alain Bonte - Publié dans : J'me laisse aller
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Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /Juil /2008 23:05
Voilà, j'habite Mont-de-Marsan.
La ville se veut une place taurine. Cela veut dire que l'un des édifices publics les mieux connus est les arènes !
Autant vous le dire tout de suite, je n'aime pas la corrida.
J'y trouve tout insupportable.
Dans le désordre :
- le costume des toréros : il paraît que cela s'appelle un habit de lumière. Un collant rose et du strass, voilà cette lumière de pacotille qui paraîtrait de mauvais goût chez Michou.
- le soleil : curieux "spectacle" qui se déroule sous le soleil. La chaleur m'a toujours semblé avilissante : corps moites, mains humides, pensées embuées...
- la foule : la foule est en rond, refermée sur elle même. Communion dirons certains... J'y vois davantage un enfermement.
- la tradition : on aime la corrida parce que c'est une "culture", curieux dévoiement du mot culture ; c'est une tradition en revanche, tout comme l'excision des petites filles dans certains pays d'Afrique...
- la souffrance du taureau :

"http://www.youtube.com/v/N9EjWES7aXs&hl=fr&fs=1">


J'aurais dû commencer par là bien sûr.
Une souffrance inutile pour un plaisir imbécile ; une mort idiote pour un public pas mieux !
Qu'on ne me parle pas de ritualisation de la mort, qu'on ne me parle pas de courage du torero seul face à la puissance du taureau, qu'on ne me parle pas de spectacle sacré...

Ami lecteur, ami taureau, vis heureux
Par Alain Bonte - Publié dans : Humeurs
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Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /Juil /2008 22:09
Comme tout le monde, j'ai bien cru qu'elle n'arriveraient jamais.
Ca y est... c'est les vacances !!!



Comme chaque année, je me fixe un programme ambitieux : lire la recherche du temps perdu, Dostoievski et la Bible, réanalyser toutes les sonates de Beethoven, préparer les cours de l'année prochaine.
Comme chaque année, je me retrouve à feuilleter le dossier "spécial sexe" de Elle...
Ami lecteur, puis-je te donner un conseil ? Quand ta dulcinée vient de faire le test "Votre homme est-il un bon coup ?", ne récupère pas le journal ensuite... et si jamais tu le fais quand même, garde tes habitudes, ne regarde que les pubs... On ruine des étés, voire des vies, à moins que cela !

Les vacances...
Ne plus être réveillé à six heures trente par un rêveil  bien triste mais à sept heures moins le quart par des enfants qui veulent déjeuner.
"C'est les vacanceheuh... on veut des croissantsheuh..."
Et si ils ne voulaient que déjeuner...

Les vacances...
Tous les petits bricolages que l'on a réussi à éviter durant l'année...

Non, ils ne se sont pas battus pour rien en 36. Les vacances j'y crois.

Ami lecteur, vis heureux en vacances.... elles vont se terminer.
Par Alain Bonte - Publié dans : J'me laisse aller
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