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Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /Avr /2009 11:04
Ami lecteur, il faut s'y faire : on ne gagne pas à tous les coups.
Certaines vidéos sont décevantes.
Prenons par exemple le magnifique violoncelliste Mischa Maïsky. Profondément touchant dans le répértoire du XIXème, très virtuose dans les pièces "de salon", il s'attaque ici à la bible des violoncellistes : Bach, plus précisément à la sarabande de la deuxième suite.




Vous allez me trouver difficile, peut-être... toujours est-il que ce type d'interprétation m'agace.
Bien sûr, le son est superbe, l'intonation impécable...
Alors qu'est-ce qui cloche ?
le tempo d'abord. Une sarabande est une danse. Elle est à trois temps avec un appui sur le deuxième.
Vous avez tous en tête la sarabande de Haendel que Kubrick a utilisée pour Barry  Lyndon :



Certes, là non plus vous n'avez pas une grande rigueur musicologique. Haendel a écrit une pièce pour clavecin, il ne l'a jamais orchestrée et s'il l'avait fait, il ne l'aurait pas fait comme cela. L'idée de sarabande est toutefois parfaitement présente.

la façon dont Mischa Maïsky joue cette pièce est héritière d'une tradition.
Une vision romantique de Bach qu'avait aussi son professeur : Rostropovitch.



Pour ceux qui aiment ce type de versions, vous trouverez sur Youtube des enregistrements de Daniil Shafran qui ne les décevront pas.
Ces musiciens justifient leur choix en disant que Bach était un romantique et que la preuve en est qu'il a eu vingt enfants !
Il y a d'évidence aussi du mysticisme dans ces versions tendues jusqu'à l'extrême, dans ces temps qui s'étalent, dans ce vibrato intense et constant. Le choix de la cathédrale de Vezelay de la part de Rostropovitch est tout à fait révélateur.

Il ne me semble pas que ces visions du romantisme (dans leur version priapique ou mystique) collent le moins du monde à Bach.
Cette recherche constante du "beau son" finit par transformer le texte musical en prétexte. Voilà des interprètes qui se servent de la musique plus qu'ils ne la servent.
S'il est un homme de rhétorique (baroque oblige), il n'est pas un homme d'emphase. Dieu est présent dans sa musique parce qu'il est présent partout, nul besoin de le convoquer à chaque note. La danse est présente aussi puisque nous sommes dans le cadre d'une suite. Personne ne la dansera bien sûr mais elle servira de cadre de référence.

Vous allez me dire : "On t'a reconnu vieux baroqueux, dans quelques minutes tu vas inviter Harnoncourt et Bylsma à ta démonstration..."
Pourquoi pas ?
Les baroqueux n'ont pas été inutiles pour dépoussiérer tout cela mais il tout à fait possible aujourd'hui d'utiliser un violoncelle avec une pique et de jouer Bach en respectant le texte et, je crois, son esprit.

Je vous en propose deux exemples :  Peter Wiespelwey



et Ophélie Gaillard.



Ami lecteur, vis heureux.

Par Alain Bonte - Publié dans : Petits bonheurs vidéo - Communauté : Musique Classique
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