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Samedi 2 mai 2009
Ami lecteur,

Tu auras remarqué que les interventions de Nicolas Sarkozy à propos de la culture ne sont pas très nombreuses.
Avouons-le, elles sont souvent maladroites (un comble !) et la rancoeur de notre Président vis à vis de la Princesse de clèves nous fera, dans le meilleur des cas, sourire...

Mais rassure-toi, ami lecteur, et ne te laisse pas influencer par les médias tous plus ou moins bolchéviques, Nicolas Sarkozy aime les grandes oeuvres de l'esprit et veut les diffuser.
C'est ce qu'il a expliqué à des lycéens :




Ah... Les grandes expositions, les concerts de l'opéra, les créations de la Comédie Française... tout ça enregistré et à la dispostion des lycéens dans de belles salles adéquates.

Ami lecteur, j'entends déjà vos réflexions dubitatives...
Mais quand les lycéens iront-ils  découvrir ces inoubliables chefs d'oeuvres ? Y aura-t-il une médiation culturelle, des enseignants qui auront le temps de préparer et d'exploiter ces découvertes ?
Mais l'essentiel ne me semble pas là...
La rencontre avec une oeuvre d'art est un instant particulier et unique : un choc face à un tableau, une émotion lors d'un concert... Oui, il y a un rapport individuel avec l'art et ce lien demande des circonstances elles aussi particulières et uniques.
Nicolas  Sarkozy ne nous parle jamais des oeuvres d'art mais de leurs reproductions. Il ne parle pas de culture mais de "produits culturels".
Cette vision de la culture en boîte, directement consommable, sans artiste, a quelque chose qui fait froid dans le dos...

Que cela ne t'empêche pas de vivre heureux, ami lecteur.
Par Alain Bonte
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Samedi 12 juillet 2008
Voilà, j'habite Mont-de-Marsan.
La ville se veut une place taurine. Cela veut dire que l'un des édifices publics les mieux connus est les arènes !
Autant vous le dire tout de suite, je n'aime pas la corrida.
J'y trouve tout insupportable.
Dans le désordre :
- le costume des toréros : il paraît que cela s'appelle un habit de lumière. Un collant rose et du strass, voilà cette lumière de pacotille qui paraîtrait de mauvais goût chez Michou.
- le soleil : curieux "spectacle" qui se déroule sous le soleil. La chaleur m'a toujours semblé avilissante : corps moites, mains humides, pensées embuées...
- la foule : la foule est en rond, refermée sur elle même. Communion dirons certains... J'y vois davantage un enfermement.
- la tradition : on aime la corrida parce que c'est une "culture", curieux dévoiement du mot culture ; c'est une tradition en revanche, tout comme l'excision des petites filles dans certains pays d'Afrique...
- la souffrance du taureau :

"http://www.youtube.com/v/N9EjWES7aXs&hl=fr&fs=1">


J'aurais dû commencer par là bien sûr.
Une souffrance inutile pour un plaisir imbécile ; une mort idiote pour un public pas mieux !
Qu'on ne me parle pas de ritualisation de la mort, qu'on ne me parle pas de courage du torero seul face à la puissance du taureau, qu'on ne me parle pas de spectacle sacré...

Ami lecteur, ami taureau, vis heureux
Par Alain Bonte
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Mardi 29 avril 2008
Clément Rosset dans "Loin de moi" revient sur une expression souvent utlisée dans le registre amoureux : "faire don de soi". Pour lui cette expression n'a de sens que si on la comprend bien : on ne se donne pas dans une relation amoureuse, on permet à l'autre, à travers soi, d'exister, on lui fait le don d'un soi.
Ami lecteur, toi dont je n'ai jamais pu prendre en défaut la perspicacité, j'ai peur de vivre un chagrin d'amour.
Par son regard, je me sentais fort ; héros moderne investi de missions aussi nobles que dérisoires (à moins que ça ne soit nobles parce que dérisoires...). Sous son influence, ma vie prenait sens. Sous son aile protectrice (presque trop maternelle parfois), j'étais invincible.
Autant vous l'avouer, les choses ne sont pas faites brutalement. Des doutes se sont insinués, peu à peu. Des courriers sans réponses... des incompréhensions non dissipées...
Et puis, tout s'est dégradé.
Notre dernière rencontre a été sans appel.
Ami lecteur, votre voyeurisme n'a d'égal que mon exhibitionisme...  je vous raconte.

Cela se passait à Musicora.
J'étais Son invité.
Certes, je n'étais pas le seul mais ce type de jalousie m'est étranger.
Nous étions en fait nombreux, et finalement contents d'être là. Notre passion commune nous rapprochait.
La plupart des directeurs de conservatoires étaient donc là et, Lui aussi, le Ministère de la Culture.
Enfin, après cette longue période de doute, après ces longues absences, Il était là. Il allait nous parler ; il allait me parler. Grâce à Lui, j'allais retrouver les finalités premières de mon métier, j'allais redevenir un apôtre de la bonne parole culturelle, un hussard noir de la république musicale, un pélerin préchant la  fonction salvatrice de l'art...
J'allais retrouver l'ambition de Malraux et le souffle de Jack Lang (le contraire marche aussi).
Il allait me faire un "don de soi", me permettre d'exister...

Vous l'aurez compris, ami lecteur, cela s'est mal passé.
La rupture aurait pu être plus grandiose... imaginez :
"Mes amis,
Autant vous dire d'emblée, le ministère de la culture n'existe plus. Tous ensemble, nous allons être courageux et, ensemble, nous allons tourner une page d'histoire.
Certes, une spécifité française disparaît.  Depuis Louis XIV, l'Etat s'occupait de Culture. il ne le fera plus.
Est-ce que notre cause est perdue ? Est-ce que nos combats, vos combats s'arrêtent ?
Non mes amis !
Nous sommes désarmés, certes, mais nous sommes toujours là. Hommes et femmes de talent et de conviction, nous restons à vos côtés.
Ensemble, nous irons voir les régions, les départements, les communes pour que toujours un service public de la culture existe, fort, vivant, créatif.
Mes amis, ce n'est qu'un combat, continuons le début !"

Mais ça n'a pas été ça...
Des petites phrases génées : "la loi n'est pas appliquée, ce n'est pas un drame..." ,"pour le moment, soyez prudents...", "on trouvera bien des arrangements..."
Les drames passionnels ont plus de panache que les divorces à l'amiable.
En attendant, je me sens un peu seul avec mon chagrin d'amour.

Ami lecteur, que cela ne t'empêche pas de vivre heureux.
Par Alain Bonte
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Mercredi 26 décembre 2007

Les agapes festives de fin d'années sont souvent propices aux souvenirs de régiments...
Les miens sont courts et je parle là d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Figurez-vous, belle jeunesse, qu'il fut un temps où, si l'armée voulait de vous, elle vous invitait à partager une année complète avec elle.
Tout commençait par ce qu'on appelait "les trois jours", qui duraient une journée.
Le premier choc, et c'est de lui dont je voudrais parler, était de se retrouver dans un univers exclusiment masculin.
Certains de mes corolégionnaires avaient sans doute déjà vécu cela dans leur club de foot ; pour moi c'était neuf ou presque puisque cette situation me ramenait à l'école primaire. 

Les conversations de mecs ne m'intéressaient pas, ne m'intéressent pas et ne m'intéresseront jamais.

Pour être juste, il est probable que j'éprouve le même malaise dans une assemblée exclusivement féminine sauf que cette situation est tout à fait impossible car ma seule présence ferait que cette dernière ne serait plus exclusivement féminine !

Le pire du pire est ce climat de camaraderie qui s'installe très vite. La camaraderie est sans doute le sentiment qui a permis les pires horreurs. La camaraderie rassurait les Waffen SS et les gardes rouges. La camaraderie favorise l'oubli de soi au bénéfice d'un groupe. La camaraderie est le visage souriant de tous les totalitarismes.

Rendez-nous les joies de la séduction. Non, je ne suis pas un Don Juan impénitent mais il me semble être plus enclin a donner le meilleur de moi-même au contact des femmes et j'irai assez vite dans la généralisation : je crois que nous sommes tou(te)s pareil(le)s.
Je crois définitivement aux vertus du doute, de l'échange, de l'ambiguité, de la complicité, du trouble parfois, du partage, ... de l'amour.

Lors des agapes festives, quand viennent les souvenirs de régiments, je suis souvent dans la cuisine.

Que cela ne t'empêche pas, amis lecteur, de vivre heureux.

Par Alain Bonte
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Jeudi 20 décembre 2007

Voilà bien quelques années que cela ne m'était pas arrivé mais je rejoue un peu de violoncelle.
J'y ai pourtant passé des heures et des heures, rêvant parfois de gloires musicales finalement inaccessibles.
Et puis je l'ai négligé alors que la musique restait très présente dans ma vie... J'en lisais, j'en écoutais, j'en écrivais mais je n'en jouais plus.

L'affaire ne serait que peu intéressante (si, si, elle l'est) si elle ne posait pas deux questions :
- est-on encore musicien si on ne joue pas de musique ?
- pourquoi l'envie de rejouer ?
Admettons d'abord que la deuxième question n'est pas la réponse (négative) à la première.

Oui, j'en reste totalement persuadé : un musicien n'est pas obligé de jouer de la musique et la réciproque est tout aussi vraie, celui qui joue de la musique n'est pas forcément musicien.
Lire une partition ou écouter une interprétation appellent les mêmes qualités que celles que l'on demande au "musicien" : sensibilité, capacité à percevoir et à ressentir l'émotion, compréhension du texte, connaissance du langage musical utilisé, analyse de la forme, mise en perspective historique, jugement esthétique...
Il y manque juste une chose : le faire, le plaisir un peu bêtasson du faire. Faire que le geste se transforme en son et que, peut-être, le son devienne musique...

Il faut se rendre se rendre à l'évidence, la musique n'est pas une affaire de pur esprit, elle est aussi un artisanat, un "artisanat furieux" (j'arrête mon Char).
Il y  a, aussi, dans l'acte musical, un plaisir du geste juste, du geste efficace, un plaisir de la maîtrise du corps. La fascination pour le Virtuose repose bien là dessus.http://www.youtube.com/v/vdwgz98d_6I&rel=1">

 

Il a été de bon ton de mépriser ce gout de la virtuosité... Vanité, voire vulgarité que tout cela ! C'est faire peu de cas de la carrière de l'immense majorité des compositeurs...  

Pendant que je retourne faire quelques gammes (simples), ami lecteur, vis heureux.

Par Alain Bonte
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